Découvrir de nouvelles catégories d’intérêt, élargir son horizon de lecteur

Comme de nombreux lecteurs vous avez très certainement une catégorie littéraire de prédilection, un type de livre qui vous rassure, en lequel vous avez pleinement confiance pour vous faire rapidement voyager.

Ce peut être un genre narratif (roman, théâtre, poésie) ou une catégorie comme le policier, la fantasy ou encore la romance. 34% des lecteurs de la communauté NetGalley nous disent ainsi aimer les policiers & thrillers, 25% des lecteurs la romance mais certaines catégories du catalogue sont moins suivies… 

Dans cette article, nous proposons trois raisons pour vous encourager à sortir de votre zone de confort, essayer de nouveaux genres littéraires; qui sait : vous pourriez y prendre goût !

Pour l’occasion nous avons également demandé à deux lectrices de la communauté NetGalley de nous parler un peu plus en détail de genres littéraires qu’elles apprécient nous espérons qu’elles sauront vous convaincre à vous lancer !


  • Élargir vos horizons de lecture

Premier objectif ? Tester de nouvelles choses et faire des découvertes : c’est une promesse, cela a quelque chose de grisant de se lancer dans l’inconnu !  Avec de nouvelles découvertes vous exercez votre curiosité, laissez place à l’émerveillement : des qualités à développer au quotidien pour tous!

Renouveler votre parcours lecteur justifiera aussi d’avoir à remplir les étagères de vos bibliothèques, à vous rendre en librairie plus souvent, à demander des conseils à un libraire: il n’y a que des points positifs ! 😚

Vous ouvrir à de nouveaux genres littéraires montrera votre ouverture d’esprit, votre curiosité : une attitude qui vous conduira à de belles surprises mais aussi, peut-être, à faire face à des déceptions : vous pourrez les partager en connaissance de cause, développer votre point de vue et surtout être légitime lorsque vous parlez de différents auteurs et livres.  

  • Découvrir le travail de nouveaux éditeurs ou de nouveaux auteurs

Derrière chaque livre se cache le travail d’un auteur, l’accompagnement d’un éditeur.

En se lançant dans la lecture d’un nouveau genre littéraire on découvre plus qu’un texte, un univers. Chaque maison d’édition a sa propre ligne éditoriale, souhaite faire passer un message en développant son catalogue. En multipliant les découvertes et les lectures vous serez touchés par ces messages.

Une cinquantaine d’éditeur vous proposent de découvrir leurs textes sur NetGalley, laissez-vous embarquer et découvrez un travail plus confidentiel, une maison plus jeune, un primo romancier…

  • Élargir le champ de vos connaissances

Ce n’est un secret pour personne : lire rend intelligent et tous les genres littéraires ont quelque chose à vous apprendre ! La répétition et la zone de confort peuvent parfois vous faire oublier cela mais quelle joie pourtant, de terminer un livre et d’avoir besoin d’un peu de temps pour s’en imprégner complètement !

Les essais et documents assouviront bien sûr votre soif de connaissance. Les biographies et mémoires peuvent aussi être des sources de savoir passionnantes et inspirantes, mais vous pourrez également apprendre des choses grace à des histoires fictives.

Par exemple, un roman historique peut nous rapprocher d’une époque spécifique et nous faire découvrir son ambiance de manière intéressante. En lisant un roman policier bien documenté, vous pourrez en apprendre davantage sur le travail de la police. Lire nous enrichit donc toujours !


Pour nous accompagner dans la rédaction de cet article, nous avons demandé à deux lectrices de nous parler un peu plus en détail de catégories qu’elles apprécient particulièrement, nous espérons qu’elles sauront vous convaincre !

Soraya, Histoire et Fiction

1. Comment s’est passée votre rencontre avec la fiction historique ?

Pour être honnête, je ne m’en souviens plus ! J’ai toujours aimé les romans qui mettent en scène des personnages et des situations réalistes : j’ai besoin d’y croire pour me plonger dans une histoire. Les romans historiques ont l’avantage d’être souvent basés sur des faits réels, même si les personnages sont parfois inventés. À l’inverse, certains auteurs choisissent des personnages, célèbres ou non, ayant vraiment existé, mais ils inventent des situations ou des dialogues pour leur donner vie. C’est ce mélange unique de « vrai » et de «vraisemblable » qui m’attire, cette tentative de reconstituer le passé en ayant recours à la fois au savoir et à l’imagination.

2. À côté de quoi passe-t-on si l’on a jamais lu de roman historique ?

Les romans historiques sont un moyen unique de remonter le temps et de découvrir l’Histoire d’une manière différente – plus personnelle, plus intime. Pendant mes études, l’Histoire n’était pas franchement ma matière préférée. Les successions de dates, d’évènements politiques, militaires ou économiques… m’intéressent moins que leur impact sur la vie des individus au quotidien. C’est là que réside la magie des romans historiques. Ils nous aident à répondre à la question : « Quelle aurait pu être ma vie si j’avais vécu à cette époque, dans ce milieu ? ».

3. Y a-t-il un livre, un auteur, que vous conseilleriez à un lecteur novice pour amorcer sa découverte ?

À quelqu’un qui voudrait s’initier aux romans historiques, je conseillerai de choisir un roman sur une période qui l’intrigue plus particulièrement. De l’Antiquité à la Seconde guerre mondiale en passant par le Moyen Âge et la Révolution française, il y a l’embarras du choix.

Autre alternative : choisir un sous-genre du roman historique qui correspond à ses préférences de lecture. Thrillers, romans policiers, romances… existent aussi en version « historique » !

Les Enfants de la Terre de Jean Auel est un exemple intéressant. Parfois classée dans la catégorie « littérature pour adolescents », cette série de six romans suit les aventures d’Alya, une jeune femme Homo sapiens adoptée par une tribu de Néandertaliens. En plus d’offrir un récit très informatif sur ce qu’a pu être la vie des hommes pendant la Préhistoire, Les Enfants de la Terre regorge de péripéties, de suspense et d’émotions. Tous les ingrédients d’un roman historique réussi !


Marie, Les Chroniques d’Acherontia

1. Comment s’est passée votre rencontre avec les littératures de l’imaginaire?

Comme le dirait un célèbre Gaulois, je suis tombée dans la potion lorsque j’étais petite. Et je n’y suis pas allée par quatre chemins, puisque c’est avec un précurseur et maître du genre que j’ai commencé. À l’époque, je n’avais encore aucune notion de ce qu’était la fantasy. C’était tout juste si je savais ce qu’était l’imaginaire.

Il y avait ce coffret un peu mystérieux sur l’étagère de mon frère, de douze ans mon aîné. Un coffret qui contenait trois livres, et un nom qui, dans mon imaginaire d’enfant, m’impressionnait : J. R. R. Tolkien. Outre le nom qui me semblait si grandiose, il y avait ces couvertures, peuplées de magiciens, de créatures de cauchemar et de paysages fantasmagoriques. Je brûlais de les ouvrir, voire de les lire, mais je n’osais pas.

Finalement, un jour, je n’y ai plus tenu, j’ai craqué. Ce que j’y ai découvert a fait trembler mes fondations et a révolutionné ce que je connaissais de la littérature. Bien sûr, le niveau de langage était très élevé, et il m’a fallu plus d’un an pour lire la trilogie complète, d’autant plus que j’ai persisté jusqu’à la fin à les lire en cachette. Mais cela m’importait peu. J’étais complètement fascinée par la richesse de l’univers, avec sa cartographie, ses différents peuples, ses langues… Oui, des langues totalement inventées et qui ressemblent vraiment à quelque chose ! Pour moi, tout cela était fabuleux.

J’ai donc continué sur ma lancée. Et comme la bibliothèque familiale ne contenait guère d’imaginaire, c’est vers la bibliothèque du village que je me suis tournée. Ainsi ai-je découvert les univers de Michael Moorcock au travers du cycle d’Elric, puis H. P. Lovecraft et son mythe de Cthulhu. C’était sombre, complètement désenchanté, mais ça ne me dérangeait pas.

Durant mon adolescence, j’ai ainsi littéralement dévoré des tas de romans de l’imaginaire. J’étais surtout très friande de la fantasy « old school », la sword and sorcery, l’heroic ou la high fantasy. Puis d’autres genres sont apparus, que j’ai tenu aussi à découvrir, et me voici maintenant avec un large panel de genres et sous-genres dans ma liste d’intérêt.

2. À côté de quoi passe-t-on si l’on n’a jamais testé ce type de lecture ?

Je ne sais pas si l’on peut vraiment dire que l’on passe à côté de quelque chose. Je crois qu’il n’y a au final pas de bons ou de mauvais genres littéraires, juste de bons ou de mauvais romans. Le reste n’est qu’une question de goût.(…) L’imaginaire, soit on en est, soit on n’en est pas, mais il n’y a que rarement une demi-mesure. Et on ne peut clairement pas forcer quelqu’un à en lire et à l’apprécier, car les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.

Cela étant, il est une chose que j’aime tout de même faire passer concernant l’imaginaire. Et pour ce faire, je vais paraphraser Robert Silverberg : « Qu’est-ce que la fiction si ce n’est l’exploration de l’âme humaine ? ». Certes, la fiction est ici à prendre au sens large, alors que les littératures de l’imaginaire n’en sont qu’un aspect. Et pourtant, je n’y vois rien de plus vrai.

On peut constater que de nombreux univers imaginaires ne sont rien d’autre que des projections du nôtre. Certains sont idéalisés, fantasmés, utopiques, d’autres nous montrent le monde tel qu’il pourrait être si tel événement arrivait, ou si telle attitude humaine persistait. La plupart du temps, on sent qu’il y a une volonté de transmettre des valeurs, ou un message, qu’il soit philosophique, spirituel, humaniste, écologique…

Robert Silverberg a bien raison lorsqu’il parle d’exploration de l’âme humaine. Car avec l’imaginaire, à l’instar des contes de fées d’autrefois, l’on touche à un large spectre d’archétypes reflétant autant d’aspects de notre humanité, de notre psychologie, qu’une boule à facette sur une piste de danse. Exploiter ces archétypes, c’est encore une autre façon de faire passer des messages ou des valeurs, de façon plus profonde, plus subliminale cette fois, puisque cela touche à notre inconscient. D

Si je devais convaincre un lecteur lambda de s’intéresser de plus près à l’imaginaire, je commencerais déjà par le rassurer. Non, l’imaginaire ne se résume pas à une fantasy peuplée d’elfes, d’orcs et de vieux barbus qui savent tout. Non, ce ne sont pas que d’interminables batailles intergalactiques ponctuées de piou-piou lasers et de grincements robotiques. Il existe une infinité de variantes, une infinité de styles différents et, pour peu que l’on tombe sur les bons romans, l’on peut se sentir aussi humainement grandi qu’après la lecture du dernier Goncourt. Par ailleurs, les styles de l’imaginaire ont évolué au fil des années et sont de moins en moins stéréotypés, de plus en plus variés. Et parfois même très ancrés dans notre réalité. J’ai presque envie de dire qu’il y en a pour tous les goûts, mais ce serait sans doute présomptueux.

Pour ma part, je défends beaucoup les littératures de l’imaginaire, au travers de mon blog, mais aussi par le biais de mon travail artistique. J’ai notamment entamé une série d’illustrations qui visent à lutter contre la classification quasi-systématique des romans dits imaginaires dans la catégorie des « mauvais genres ». Je pense qu’il est grand temps d’arriver à une meilleure reconnaissance du genre et à une acceptation plus tolérante.

3. Y a-t-il un livre que vous conseilleriez à un lecteur novice pour amorcer sa découverte ?

Tout dépend bien sûr du lecteur, de ses goûts et de son âge. D’une façon générale, j’ai pu constater que ce qui pose réellement problème, avec l’imaginaire, c’est que les lecteurs qui n’y sont pas habitués ont du mal à s’immerger. Ils pointent souvent du doigt des problèmes à comprendre l’univers proposé, à se le représenter de façon concrète. Les adultes, pour la plupart, semblent avoir perdu ce petit je-ne-sais-quoi de magie que l’on possède à l’enfance et qui est le sésame pour bien des évasions. Mais il y a moyen de remédier à cela très aisément. Le tout, c’est de commencer gentiment, avec des ouvrages illustrés, comme dans bandes dessinées ou des albums (pour adultes, s’entend). Je ne peux que conseiller, pour la BD, les séries des Lanfeust de Troy ainsi que La quête de l’oiseau du temps. Pour les albums, j’irais plutôt vers Elian Black’Mor et Carine M, ou encore Hélène Larbaigt.

Au niveau des romans, je préconise une entrée en matière très douce, avec des romans qui s’ancrent fortement dans notre réalité, ou notre histoire. Royaume de vent et de colères de Jean-Laurent Del Socorro est très bien pour son côté historique et sa proximité géographique, par exemple. Si vous aimez l’histoire, je dois alors vous parler absolument des romans de Johan Heliot, où l’uchronie côtoie un style littéraire délectable.

Sinon, vous pouvez aussi tenter l’humour en guise d’entrée en matière. Je vous recommande alors plutôt la série Le protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger, plutôt steampunk. Parlant de steampunk, je me dois aussi de vous conseiller la série Le Paris des merveilles de Pierre Pevel, qui est un véritable enchantement.

Après, si vous le sentez vraiment bien, je vous conseille chaudement la série des griots célestes de Pierre Bordage, pour son côté ouvertement humaniste et philosophique, ainsi que pour sa poésie. D’un point de vue humain, l’œuvre de David Gemmell est aussi à conseiller, ainsi que celle de Jean-Philippe Jaworski et de Stefan Platteau.

En tout cas, une chose est sûre, je ne conseille pas de commencer par le Seigneur des anneaux, ni par tout autre texte de Tolkien. Avec tout le respect que je dois à ce génie de la fantasy, j’ai le sentiment (et d’autres m’ont fait la même réflexion il y a peu) que ses textes ont très mal vieilli. Les procédés narratifs ne sont plus pareils à notre époque qu’à la sienne, et je pense que maintenant, ce sont des romans qui lassent très vite, voire qui sont susceptible de dégoûter le lecteur. Je réserverais ces lectures pour des arpenteurs d’univers patentés qui ont un très bon niveau de langage et qui n’ont pas peur des longueurs.

3 réflexions sur « Découvrir de nouvelles catégories d’intérêt, élargir son horizon de lecteur »

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