Coup de projo sur nos lecteurs #53 – Les Chroniques d’Acherontia

La communauté NetGalley est riche de bibliothécaires, libraires, professeurs, journalistes, blogueurs, chroniqueurs… qui nous enrichissent de leur travail en partageant quotidiennement leur passion pour la lecture et leurs coups de coeur littéraires.

Nous aimons prendre le temps de pointer le projecteur sur leur activité et partager avec vous quelques bribes de leur parcours… 

Aujourd’hui, nous avons la joie de partager notre entretien avec Marie, connue aussi dans la blogosphère littéraire sous le pseudo Acherontia Nyx.

Elle partage son parcours, nous raconte sa relation avec les livres, nous parle de son travail de bibliothécaire-documentaliste et explique ce qui l’a poussée à se lancer dans la blogosphère avec un blog créatif et littéraire.


Pour commencer, comment définiriez-vous votre relation avec les livres, la lecture ? 

Avant toute chose, je définirais cette relation en un mot : « nourriture ». 

Je pense en effet que la lecture est totalement nécessaire à ma vie personnelle comme à ma vie artistique. Je la vois comme une nourriture, autant intellectuelle qu’artistique, humaine, philosophique, voire spirituelle. Et comme toute nourriture, elle est indispensable à ma survie. C’est aussi simple que cela. 

La lecture et moi, c’est « Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ». Cela peut paraître étrange pour une blogueuse littéraire, car l’on a souvent l’impression que nous sommes tout le temps « à fond » dans notre passion, qu’on la vit à la folie tous les jours. Mais en fait, ce n’est pas si vrai que ça. Pour ma part, mon intensité de lecture varie selon les périodes. Je peux connaître de longues semaines durant lesquelles je ne ferais que lire, si je m’écoutais. Dès le lever, j’ai envie de bouquiner, et j’ai un mal fou à attendre ma pause de midi pour reprendre mon roman là où je l’ai laissé la veille. Lorsque je rentre du travail, je n’ai qu’une envie, finir au fond de mon divan préféré avec mon livre du moment entre les mains. Et puis l’envie se fait moins pressante, elle entre progressivement en hibernation, et là, ce sont d’autres envies qui prennent le dessus, majoritairement des envies créatives.

On dirait, dans ces moments-là, que mon imaginaire est repu et que ma créativité, nourrie de toutes ces lectures, prends le pas et me pousse à reprendre le chemin de l’activité artistique. Il faut savoir qu’en plus de mon métier premier, je suis aussi artiste multidisciplinaire, j’écris des textes, je les illustre, je crée des bijoux et des accessoires issus de mon monde imaginaire, puis je joue de la harpe celtique, aussi. Durant ces moments-là, je lis toujours, mais moins. Je ne m’autorise des pauses-lecture que lorsque je suis satisfaite du travail accompli au point de vue artistique, c’est-à-dire avant de me coucher, le plus souvent. Et puis, comme tout le monde, je suis humaine et non une machine à lire, donc il m’arrive parfois d’avoir des périodes « sans », où je n’ai envie de rien en particulier, à part me « mater » un bon film dans les bras de l’Amoureux, passer un peu de temps avec les enfants, ou sortir entre amis. Dans ces périodes, la lecture est souvent remisée au placard pour une durée indéterminée… qui heureusement ne s’éternise jamais.

Cela étant, j’ai très souvent du mal à rester une journée sans lire une ligne. Dans mes moments de lecture passionnée, j’ai constamment la liseuse sous la main, et je la sors au moindre instant d’attente, dans la file du magasin, dans les embouteillages, pendant que le repas cuit… Même dans mes périodes « sans », il me faut au moins lire quelques lignes, même si je prends un mois à finir mon roman. Je pense que je serais très malheureuse sans aucune lecture à portée de main. 


Vous êtes bibliothécaire-documentaliste, il me semble, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre travail ?

Effectivement, j’ai fait de ma passion pour les livres mon métier. Malheureusement, je ne travaille pas du tout dans le domaine de la littérature, puisque je fais partie de deux bibliothèques universitaires.

Ce que je manipule le plus souvent, ce sont des livres informatifs, des thèses, des travaux de fin d’études, des périodiques scientifiques. La première bibliothèque où je bosse est spécialisée dans les sciences appliquées et les mathématiques… autrement dit, pas du tout ma tasse de thé ! Heureusement pour moi, je ne suis pas obligée de connaître le contenu de ces ouvrages pour pouvoir les traiter et les proposer aux lecteurs de l’université. Les études de bibliothécaire-documentaliste nous apprennent à traiter tous les types de documents, qu’ils soient intelligibles pour nous ou non.

En revanche, la seconde bibliothèque où je travaille me permet de côtoyer des documents beaucoup plus amusants, puisque j’y occupe un poste d’opérateur en numérisation patrimoniale. Oui, c’est un bien grand mot ! En fait, je numérise des documents anciens, principalement des manuscrits (médiévaux ou non), des incunables (les premiers imprimés d’Europe avant l’arrivée de la typographie, située en l’an 1501), des cartes et des imprimés anciens. Le but visé est, d’une part, de rendre ces documents accessibles gratuitement au plus grand nombre, et d’une autre part, de minimiser la manipulation physique de ces documents qui peuvent se montrer parfois très fragiles. (Si le sujet vous intéresse, je vous invite à aller faire un petit tour d’horizon sur notre plateforme, Donum.uliege.be). 

C’est un travail qui me plaît particulièrement car il me permet de manipuler des documents anciens et précieux, et ainsi de réaliser un de mes rêves de petite fille. En effet, j’ai toujours été fascinée par le Moyen Âge, les vieux grimoires, les parchemins, la calligraphie, l’enluminure… C’est un univers qui m’inspire énormément, et je suis heureuse de pouvoir y contribuer à ma façon. 


Pouvez-vous revenir sur l’histoire de votre blog : qu’est-ce qui vous a poussé à prendre le temps d‘écrire après vos lectures ? 

L’histoire de mon blog est relativement ancienne, puisqu’il vient de fêter ses six ans d’existence. La période qui a vu ses balbutiements reste un peu floue dans mes souvenirs, mais je pense qu’à un moment donné, j’ai dû faire le constat que je lisais beaucoup moins qu’avant.

J’avais environ 27 ans quand j’ai décidé de me lancer dans l’aventure du blog. C’était une époque de ma vie où j’avais le sentiment d’être arrivée dans une impasse. Dans mon mal-être, je me suis tournée vers une activité que j’avais depuis longtemps délaissée et qui me faisait du bien lorsque j’étais ado : la lecture. Cela a commencé par un roman de Laurent Gounelle, un roman « feel good » qui m’a rendu suffisamment de confiance en mes capacités pour pousser le vice un peu plus loin.

J’ai toujours eu l’envie de conserver une trace de mes lectures et de ce qu’elles m’avaient apporté. D’ailleurs, quand j’étais gamine, je rêvais d’écrire une encyclopédie de la fantasy. Une jolie utopie, mais l’idée y étais. Je crois aussi que, me sentant seule et enfermée dans une situation que je ne maîtrisais pas, j’ai eu besoin de partage.

Cela s’est donc fait assez naturellement, encore qu’au début, je me sentais légèrement mal à l’aise de partager ainsi des bouts de ma vie sur Internet. Je pense surtout que je n’avais pas assez confiance en moi, en ma façon d’écrire et en mes avis de lecture. Mais j’ai senti que ça me faisait du bien, que c’était en quelque sorte thérapeutique, et j’ai tenu bon.


Que préférez-vous dans cette activité ?

Les services presses ? (Rire) Non, plus sérieusement, je pense que le côté que je préfère par-dessus tout, c’est le partage. Je ne suis pas une « super addict » des réseaux sociaux, loin s’en faut. Je suis plutôt du genre ourse mal léchée qui hiberne dans son salon au coin du feu de bois. Mais je dois dire que la petite communauté des lecteurs de l’imaginaire est plutôt soudée et très intéressante à découvrir. Jusqu’à présent, je n’y ai trouvé que des personnes bienveillantes, cultivées et curieuses de tout. De temps à autre, on peut se croiser au détour d’un salon, même si l’on ne se reconnaît pas toujours (et je dois dire que je ne suis aaaaaaabsolument pas physionomiste… ce qui me vaut souvent de mauvais tours !). Il y aussi beaucoup de partage avec les auteurs et les éditeurs, qui souvent nous reconnaissent d’un salon à l’autre. Oh, je ne suis certes pas la plus connue des blogueurs de l’imaginaire, et je ne cherche pas non plus à le devenir (faute à ma timidité et mon stress social… Cela s’améliore avec le temps, mais c’est un combat de tous les jours). Cela dit, c’est toujours très plaisant de voir que l’on se rappelle de nous et que notre travail est apprécié. 

Comment vous organisez-vous pour tenir votre blog à jour et être active sur tous vos réseaux ?

Hum, quand vous dites « à jour », c’est genre un post par jour, ou… ? (Rire) Pour être tout à fait honnête, je suis à des années-lumière d’être à jour sur mon blog et mes réseaux sociaux. Je dois avoir… quoi ? Une quinzaine de chroniques en retard, au bas mot. Et si ça se trouve, je suis loin du compte. Et je ne parle même pas des challenges littéraires. Là, rien que d’y penser, ça me donne le tournis ! Bon, je vous explique le hic…

Avec mon Amoureux actuel est aussi venu l’épanouissement personnel, le retour de l’énergie et de la confiance en moi. C’est ainsi que j’ai pu (enfin !) me lancer dans mes projets artistiques qui me faisaient envie depuis si longtemps mais dont je m’interdisais l’accès par crainte de l’échec. Je suis donc passée d’un « simple » temps plein à la bibliothèque à un triple temps plein bibliothèque/belle-maman/artiste. Et ça, ce n’est pas de la petite bière! Et si en plus on compte que je suis aussi harpiste et secrétaire de rédaction pour le magazine Metallian, cela fait vite beaucoup pour une seule personne. Alors c’est vrai que je manque trop souvent de temps, que je suis souvent overbookée, fatiguée, parfois même sur les rotules, mais au moins, je vis, et j’aime cette vie qui est la mienne. Je ne l’échangerais contre rien au monde ! Comme le dit ma prof de harpe : « On aura tout le temps de se reposer quand on sera passés de vie à trépas ! » 

Donc, pour répondre à cette question, je n’ai pour l’instant aucune organisation quant au blog, et cela se ressent d’ailleurs, car je suis souvent en retard pour rendre mes chroniques (un grand mea culpa aux auteurs et aux éditeurs qui attendent…). Ce n’est pas de mauvaise part, c’est juste que je surnage parmi les tâches sans en voir la fin. 

Pour terminer, avez-vous un/des coup(s) de coeur découvert(s) récemment sur NetGalley à partager ?

Mon dernier coup de cœur sur Netgalley a été pour un livre plutôt typé «young adult ». Je lis très peu de romans de ce genre, d’habitude. Je suis généralement beaucoup plus portée sur les romans pour adultes (et je ne parle pas que des romans à caractère licencieux, n’est-ce pas…).

Il s’agit du premier tome de l’Asile du Nord, intitulé « Camille » et écrit par Carine Paquin.

L’auteure nous conte une histoire de possession démoniaque, avec un joli fond de romance, mais qui ne verse pas dans la vulgarité comme on peut parfois le voir avec certaines séries de bit-lit. J’ai particulièrement apprécié le côté « histoire vraie » qui rend le récit particulièrement immersif.

Le fait est que l’histoire s’ancre dans une ville bien réelle appelée Malartic, au Canada. C’est la ville natale de l’auteure, si je ne m’abuse, et cela se sent car tout est décrit très minutieusement, du décor au background historique, jusqu’aux ambiances mêmes.

La chronique paraîtra bientôt sur le blog, entre une séance de peinture aquarelle, deux prêts de livres, la correction d’un devoir et la préparation du souper du jeudi soir !

Une réflexion sur « Coup de projo sur nos lecteurs #53 – Les Chroniques d’Acherontia »

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